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Une Bulle Startup ?? Chapitre II

Quand je parle de bulle, je dis que trop sur un secteur économique c'est déséquilibrer de manière concurrentielle l'ensemble des secteurs économiques. Et pour toutes les raisons qui nous coincent alors nous sommes en plein dedans.

On peut également se demander où se trouve parfois l'innovation. Le métier de la vente reste la vente, seul le vecteur, la manière de vendre change. Pour acheminer un produit, seule la manière dont il sera transporté va changer. Néanmoins, il faudra bien l'amener d'un point A à un point B. La manière de communiquer a également changé. Le tam tam et signaux de feu, le télégraphe, le téléphone, le courrier, le mail etc.... mais nous continuons à nous écrire, plus vite certes, mais c'est la même action.

Nous avons besoin d'innover, de réinventer notre monde et cela passe par le ré-enchantement de nos esprits, de nos valeurs collectives.

Je constate pour avoir vécu quelques cycles de vie économique de 10 ans, que nous sommes sur une pente glissante, d’un monde startup au détriment des entreprises et commerces de proximité.

Je vous le dis aussi, en France il n’y a pas assez de compétence pour accompagner toutes les startups qui bien souvent ne peuvent, du reste, et c’est bien normal rémunérer des conseillers. Il y a, à la fois un manque de structure mais aussi un manque de compétences techniques. Une startup n’est pas seulement une entreprise comme une autre car il faut intégrer le sujet numérique, digital, big data etc…..

Par contre, je trouve fabuleux qu'en France nous soyons le pays où créer son entreprise est devenu extrêmement facile et extrêmement rapide. Content aussi de voir l'esprit entrepreneurial gravir l’ensemble de notre société ainsi que toutes les classes d'âges. Il était temps que ce vent de liberté se répande, mais pas à n'importe quel prix.

En effet, comme je le disais plus haut nous avons tendance en France à rattraper plus que largement notre retard et là dans ce domaine c'est fait. Création ultra rapide, de son lit ou de son garage on peut créer sa petite entreprise parce que l'on a une idée géniale dont personne -bien entendu- n'avais auparavant songé dans le monde entier, cela va faire un carton et d'ici 2 ans on rachète Google. Ou pire, puisque le cerveau humain reste bien fait, on peut faire croire que notre idée est géniale sans que cela fonctionne, mais comme il faut beaucoup d'argent pour développer le prototype alors on créer des sociétés de crowdfunding, pour demander aux gens d'investir dans ces futurs Google.

Bref, on voit là que cela ne peut pas fonctionner.

Si je ramène cela au show biz, par exemple, c'est identique. Nous avons réussi à faire croire à nos enfants par la télé-réalité, télé-crochet et autres magazines que tous pouvaient devenir une star (tiens comme c'est bizarre on retrouve le même mot) en poussant la chanson 10 min par jour au bout de son lit, en regardant les phrases sur sa télé Wii. Combien d'élu ? Mais aussi combien de déçu, de temps perdu, de perte d'énergie de drames familiaux. Beaucoup d'appelé mais peu d'élu car il faut du talent ou un coup de chance.

Pour certains ce coup de bol se traduit par un single. Il empochera quelques milliers d'euros, il pourra ensuite aller se reposer et signer les autographes. Disparu des ondes c'est la sécu qui paiera les antidépresseurs.

Ce monde de stars est donc un monde de « Start » qu'il soit « up » ou non il existe une certaine virtualité dans ce concept !

Une startup est une société qui va croitre très vite et j’allais oser dire avec l’argent des autres sans forcément faire du bénéfice dès la première année, ni la 2nde d’ailleurs. Il y a dans ce domaine les startups qui tombent au bon moment et qui vont se transformer en une société pérenne et garder leur marché etc….. et puis toutes celles qui font le buzz pendant 1 an ou 2, jusqu’à s’imaginer se voir pousser une corne sur la tête. Ce monde fabuleux des startups est donc à prendre avec un décodeur parce qu’il y a de tout, du sérieux au coup de vent.

De la bulle internet vers une bulle des startups

Plus haut je parlais de pétard mouillé, puis de rattrapage exponentiel. Souvenez vous de cette bulle internet dans laquelle, l’ensemble de l’écosystème politique disait, il faut y aller, du pschitt nous sommes passés au boom.

Et en donnant comme signaux que les startups sont LA solution au chômage et à la croissance économique, le risque est grand. Ce n’est pas la faute des startups mais de l’écosystème qui par ses pratiques, ses choix, ses mots, ringardise le reste de l’économie.

Le porteur de projet startuppeur qui monte un dossier de crowdfunding, même s’il ne vend, rien sauf son idée, passera pour le héros dans son quartier, dans sa ville, participant à cet effort national demandé et dans le même temps le petit patron de PME dans le BTP peinera à trouver des financements et surtout passera toujours et encore pour cette gauche, pour un voleur et exploiteur de salariés s’en mettant plein les poches et restant tout de même une vache à lait fiscale.

Ce n’est pas tant ce nouveau monde qui émerge de l’ancien qui me fait peur, c’est la place extrêmement valorisante qu’on lui donne qui m’alerte et qui crée un danger économique important qui dans le même temps peut expliquer la difficulté à inverser la courbe du chômage.

Alors, posons-nous la question : est-ce plus valorisant d’avoir 1 idée sans client mais à la mode que d’être patron d’une petite boite qui réalise déjà du C.A ?

Etonnante, la logique française qui un jour lynche les patrons qui se font des salaires colossaux mais qui ne s’étonne pas de ces futures boites qui lèvent des millions sans avoir fait une seule vente mais juste fait rêver sur leur avenir prometteur.

Serions nous devenu des rêveurs, et pour autant j’aime enfin cette France qui innove, réfléchit qui se libère des carcans du salariat pour redevenir tous des artisans de sa propre vie. C’est reprendre enfin en main notre destin, notre liberté même si le parcours est difficile, long mais plein d’espoir.

J’ai cependant des messages à faire passer :

Tout d’abord évitons le trop grand déséquilibre. Innover ne veut pas dire prendre le pouvoir.

Il y a nécessité pour tous de s’adapter et quand je dis tous c’est tous. L’entrepreneuriat reste encore pour beaucoup de monde un rêve inaccessible. Donc commencer jeune, dès le plus jeune âge à parler entrepreneuriat comme on apprend à parler anglais ou espagnol. Adapter les conventions collectives les lois etc…… et donner accès à tous par la formation, le temps de devenir des entrepreneurs. C’est facile de faire rêver en parlant d’entrepreneuriat mais il est nécessaire d’adapter les règles collectives sociales et juridiques.

Juste un exemple ou le décalage est trop grand. On constate certainement la fin du salariat longue durée tel qu’il était conçu dans les années 60. C’est un constat lié à une tendance lourde. On admet qu’un salarié peut devenir entrepreneur quelques temps puis redevenir salarié ou inversement. De même on admet le cumul du travail temporaire, avec l’enchainement de CDD etc. Oui, mais face à cela qu’est ce qui a changé ? Rien.

Un CDD n’as pas accès au crédit et trouve difficilement un logement.

Un CDD n’est pas un salarié comme les autres de même un petit patron n’est pas quelqu’un comme les autres aux yeux des banques ou des propriétaires puisque systématiquement on lui demande une caution, une hypothèque personnelle etc……. et il n’aura ni chômage et ni sécu.

Bref… oui pour cette vaque de fond profonde mais avec une adaptation nécessaire du système social et un regard diffèrent sur les gens qui passent d’un statut à un autre

Oui aux startups et autres porteurs de projets mais faites vous accompagner c’est votre seule assurance de créer votre entreprise, votre job.

Oui aux grands ou petits groupes qui développent des incubateurs ou qui hébergent sous d’autres formes des startups mais pas seulement pour se faire plaisir ou remplir son quota de RSE mais pour vraiment développer quelques chose.

Nous le voyons bien, la mode a ces exigences que la raison ignore. Au-delà du bien fondé de nombreuses innovations, au-delà des perspectives d'évolution de C.A. ou de la rentabilité financière tomber dans le « tout nouvel économie » et y orienter toutes les énergies et les moyens c’est exclure indirectement ce qui nous fait vivre aujourd'hui. Et pour autant nous manquons de temps mais certainement ni de compétence ni de raison.

Nous voyons bien également que cette orientation des ressources mais aussi d'analyse préalable de nombreux investisseurs détruit de l'emploi un peu plus chaque jour tout en en créant. Oui les startups arrivent à créer de l'emploi, pas suffisamment malheureusement pour compenser la perte d'emploi dans d'autres secteurs mais des emplois qui à terme peuvent être précaire et n'apporter aux intéressés qu'une brève expérience.

Nous voyons bien aussi que cette nouvelle économie aussi porteuse d'innovations soit elle, est nécessairement assise sur des fondements de production à la fois d'outils mais aussi de produits. Qu'Uber se développe c'est peut être positif mais pour rouler il faut produire des voitures et des machines avec des gens qualifiés. Tant mieux, si l’on peut acheter son pain sur internet parce que l’on ne veut plus sortir de chez soi mais il faudra toujours des matières 1ere, des machines et des gens qualifiés, tant mieux et je pourrais multiplier les exemples à l'infini. Cette économie numérique, digitale ou nouvelle a besoin d'une base d'industrie de machines-outils, de transformation de produit et de gens qualifiés qui à mon sens est oublié aujourd'hui. Investissons dans cette économie digitale mais quand il n'y aura plus d'industrie pour produire ou de qualification suffisante pour faire cette production, cette économie tombera d'elle même car il n'y aura plus rien à vendre. On peut dès lors multiplier les concurrents sur les voies ferrés il n'en restera pas moins qu'il faut des trains à mettre dessus et que si ni les uns ni les autres ne sont entretenu les concurrents n'auront plus rien à vendre.

Dans les années 80, nous avons perdu notre secteur sidérurgique parce que les politiques n'ont pas jugés utile de soutenir ce secteur. Mais ce secteur fabriquait l'acier pour les machines-outils dont nous aurions eu besoin 10 ou 20 ans plus tard au lieu d'aller les chercher dans les pays dit émergents ou de nombreux ouvriers sont du reste des enfants.

Il y a là à la fois un problème économique mais aussi moral.

Notre société ne peut pas être qu'une société de loisirs tout comme notre société ne peut pas être qu'une société numérique développant une certaine virtualité économique et oubliant ainsi le monde de production. Notre indépendance économique dépend aussi de cela. Imaginer notre pays sans aucune usine pour les biens de consommation courante et dépendant totalement de pays à bas coût cela reviendrait à être aussi dépendant de ce type de produit que nous le sommes aujourd’hui du pétrole. Si nous n'avons pas le choix au niveau du pétrole car cela dépend de notre sous sol nous avons encore le choix au niveau de nos usines et de nos outils de production.

Notre problème morale si nous voulons rétablir un certain équilibre passe par ce choix de dire « oui nous avons besoin » de cela pour garder une certaine indépendance mais aussi redonner du travail partout où nous le pouvons. Ces choix sont d’ordre politique mais le vrai pouvoir est celui du consommateur me direz vous. Pas totalement car comment obliger un consommateur à orienter ces achats vers des produits plus chers alors même que son salaire connait une évolution extrêmement faible et que par ailleurs la ponction fiscale est plus lourde et qu'enfin l'évolution des besoins est en perpétuelle changement. Nous n'avions pas il y a 20 ans l'abonnement à internet le téléphone portable la console de jeux etc....... Nous ne pouvons ni échapper à cela et nous ne le devons surtout pas au risque de rétrogradation économique. Mais cela pèse sur un salaire tout comme le reste des postes : logements, nourritures habillement etc.......

Toutes les questions vont dans un seul et unique sens celui de : où et comment dois-je investir ? Et je dis qu'il faut un équilibre. Investir dans la nouvelle économie pour progresser, changer notre société mais aussi investir dans ce qui fait que nous gardons les pieds sur terre dans l'industrie le petit commerce etc.........

Tag(s) : #Start-up, #Startup développement, #Entreprises

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